Published: Jeu, Mai 31, 2018
Divertissement | By Capucine Hennequin

Kiev avoue avoir mis en scène le meurtre d'un journaliste russe

Kiev avoue avoir mis en scène le meurtre d'un journaliste russe

Dans la foulée, les services de sécurité ukrainiens ont annoncé l'arrestation d'un homme soupçonné d'être l'" organisateur " de la tentative d'assassinat déjouée.

Annoncé comme mort par les plus hautes autorités d'Ukraine, Arkadi Babtchenko a en fait participé à un coup des services secrets. Depuis près de 24 heures, les officiels ukrainiens accusaient la Russie d'avoir procédé à l'élimination du journaliste, connu pour ses écrits critiques envers Vladimir Poutine, tout en sachant qu'il était bien vivant.

Sur le site de la chaîne de télévision ukrainienne 112.ua, on peut lire que "Hrytsak a expliqué que l'assassinat de Babtchenko était une mise en scène, dont le but était de dévoiler l'existence d'un complot visant effectivement à l'assassiner".

Il a présenté ses excuses à ses proches, particulièrement à sa femme Oletchka, pour avoir été contraint de les laisser croire à sa mort.

Après avoir quitté l'armée et un diplôme en droit international en poche, il commence à travailler comme correspondant de guerre pour des médias russes, dont le prestigieux journal Novaïa Gazeta, pour lequel il couvre le conflit-éclair entre la Russie et la Géorgie en 2008.

Le 20 juillet 2016, son collègue russo-bélarusse Pavel Cheremet avait péri dans l'explosion d'une bombe placée sous sa voiture à Kiev, une affaire qui n'est toujours pas élucidée. La police avait aussitôt indiqué privilégier la piste d'un crime lié à sa profession.

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Le chef de la diplomatie ukrainienne Pavlo Klimkine a estimé qu'il était "trop tôt pour tirer des conclusions" mais relevé "une similarité étonnante dans les méthodes que la Russie utilise pour provoquer une déstabilisation politique".

Le journaliste annoncé mort mais finalement vivant a créé la surprise en se montrant devant les caméras mercredi.

L'ONG Reporters Sans Frontières (RSF) a exhorté dans un communiqué l'Ukraine et la Russie à "coopérer" pour faire la lumière sur cet "acte ignoble" plutôt que "se livrer à une guerre d'information dangereuse". Il a fui la Russie début 2017 à la suite de menaces de mort.

Arkadi Babtchenko a raconté les guerres en Tchétchénie, une petite république russe du Caucase, dans un livre édité en France par Gallimard sous le nom de "La couleur de la guerre". Le Premier ministre ukrainien Volodymyr Groïsman avait aussitôt mis en cause "la machine totalitaire russe", déclenchant des démentis de Moscou.

Babtchenko est le quatrième opposant au Kremlin tué à Kiev en deux ans. Il a dénoncé le rôle de Moscou, appuyant la thèse de Kiev et des Occidentaux selon laquelle la Russie soutient militairement les rebelles, ce qu'elle dément. Le journaliste, qui disait avoir alors reçu des "milliers" de menaces, a d'abord vécu en République tchèque et en Israël, avant de s'installer à Kiev.

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