Published: Lun, Mai 28, 2018
International | By Marie-Louise Baume

Italie : il n'y aura pas de gouvernement Conte

Italie : il n'y aura pas de gouvernement Conte

Giuseppe Conte avait été désigné le 23 mai au poste de Premier ministre, mais il devait encore confirmer cette nomination et présenter une liste de ministres au chef de l'Etat, afin que le gouvernement devienne effectif.

Giuseppe Conte avait été choisi par le Mouvement 5 Étoiles (M5S, populiste) et la Ligue (extrême-droite) pour occuper la fonction de président du Conseil.

L'impasse politique est plus que jamais d'actualité ce dimanche 27 mai en Italie.

Le président italien a refusé de valider le nom d'un ministre eurosceptique. "Le monde entier a les yeux tournés vers l'Italie, il est temps de célébrer ce grand changement", a-t-il ajouté, se félicitant que le vote antisystème ait dépassé les 50% en Italie à l'occasion des législatives du 4 mars. Moody's Investors Service a annoncé vendredi avoir placé la note à long terme Baa2 de l'Italie sous surveillance avec implication négative.

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"C'est un conflit institutionnel sans précédent", a déclaré, furieux, Matteo Salvini, le chef de file de la Ligue, qui était pressenti à l'Intérieur, dans une vidéo diffusée sur Facebook.

Réagissant au renoncement de Giuseppe Conte, Matteo Salvini émet un jugement sévère contre le président italien, sous-entendant une influence allemande et française pour avoir refusé le nom de Paolo Savona: "Nous avons travaillé pendant des semaines, jour et nuit, pour faire naître un gouvernement qui défende les intérêts des citoyens italiens". L'Italie n'est pas une colonie, nous ne sommes pas les esclaves des Allemands ou des Français, du spread (l'écart entre les taux d'emprunt à dix ans allemand et italien, ndlr) ou de la finance", a-t-il insisté."Les Italiens d'abord. "Dans une démocratie, si nous sommes toujours en démocratie, il n'y a qu'une seule chose à faire, laisser les Italiens avoir leur mot à dire", a-t-il affirmé.

Cette détermination ne semble pas toutefois ébranler le chef de l'Etat pour qui, il en va de la défense de la Constitution et des prérogatives du président. Il n'a pas voulu se prononcer sur la tenue ou non d'élections anticipées. Le chef de l'Etat en Italie nomme en effet les ministres sur proposition du chef du gouvernement désigné, et non selon les "diktats" des partis politiques, avait-il rappelé jeudi.

Ce dernier a de son côté convoqué lundi Carlo Cottarelli, un économiste ancien fonctionnaire du Fonds monétaire international (FMI) pour, selon toute vraisemblance, le charger de former un "gouvernement du président" qui devra avant tout préparer de nouvelles élections.

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