Published: Dim, Mai 13, 2018
International | By Marie-Louise Baume

Irak: premières élections organisées depuis la chute de Daesh

Irak: premières élections organisées depuis la chute de Daesh

Malgré la lente fin de l'hégémonie du califat, le vote se tient dans un climat de tension régionale aiguë, l'Irak étant le point de rencontre de deux ennemis: l'Iran, qui y a une forte influence à travers les partis chiites qui dominent la vie politique irakienne, et les Etats-Unis, qui ont joué un rôle militaire crucial dans la victoire sur l'Etat Islamique (EI), proclamée en décembre.

Les bureaux de vote, au nombre de 8 443 bureaux ont ouvert leurs portes, tôt ce matin, pour un scrutin qui doit départager 87 listes dans les 18 gouvernorats. Dans la province de Diyala toutefois, à l'est de Bagdad, "un policier a été tué", a indiqué à l'AFP le général Mazhar al-Azzaoui, en charge des opérations dans la province.

Le premier ministre sortant Haïdar al Abadi, 66 ans, aborde ces élections sans garantie de succès. En effet, près de 24,5 millions de citoyens irakiens ont commencé à voter pour élire un nouveau Parlement, dont la tâche principale sera de superviser la reconstruction d'un pays en lambeaux. Omar Abed Mohammed, lui, a affirmé avoir glissé son bulletin dans l'urne "pour changer les visages de ceux qui ont conduit à la destruction du pays".

"J'ai voté pour un candidat qui ne s'est jamais présenté, j'espère que ces nouveaux répondront aux souhaits des Irakiens qui souffrent de la corruption depuis 15 ans", a déclaré un quadragénaire de la province de Diwaniyah, au sud de Bagdad. Enfin, à Qaraqosh, ville chrétienne proche de Mossoul, les électeurs ont dit désirer la "stabilité" et "faire cesser l'exode" des chrétiens dans une ville où seule une petite partie des 50'000 habitants sont revenus après trois années d'occupation djihadiste.

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Mais les politiciens ont la peau dure et pour ne pas être délogés, ils se sont inscrits en tête de liste ce qui les assurent d'être élus.

Les résultats du vote devraient être connus lundi. Le reste de la répartition est déterminé proportionnellement au nombre de voix obtenus par chacune des listes.

Le plus sérieux adversaire de M.al-Abadi est son prédécesseur, l'ancien premier ministre Nouri al-Maliki, écarté du pouvoir en 2014.

Figurent aussi les listes des représentants de deux lignées de hauts dignitaires religieux: celle d'Ammar al-Hakim et celle du leader populiste Moqtada Sadr, qui a conclu une alliance inédite avec les communistes.

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