Published: Ven, Mai 11, 2018
Médecine | By Giselle Gaudin

On en sait plus sur les circonstances de l'appel — Naomi Musenga

On en sait plus sur les circonstances de l'appel — Naomi Musenga

Les parents et la sœur de Naomi Musenga, cette jeune mère de famille décédée en décembre dernier, faute d'avoir été secourue assez rapidement par le SAMU, "veulent que justice soit faite".

L'opératrice du Samu, qui avait raillé en décembre au téléphone une jeune femme décédée quelques heures plus tard à l'hôpital de Strasbourg, a été suspendue mercredi "à titre conservatoire". Elle est alors redirigée vers les pompiers. Reste que, vu la gravité de la situation, la fameuse opératrice du Samu a été suspendue.

Souffrant de fortes douleurs au ventre, la jeune femme, seule à son domicile, avait composé un numéro d'urgence. De l'autre côté du fil, l'opératrice est péremptoire: "Si vous ne me dites pas ce qui se passe, je raccroche".

"Vous allez mourir, certainement, un jour comme tout le monde", lui répond l'opératrice des pompiers. Au téléphone, l'opératrice lui demande d'appeler SOS Médecins. Assise face aux cameras, la famille de Naomi Musenga fait front.

Et François Braun de rappeler six règles à respecter dans une "checklist": se montrer constamment courtois, disponible et empathique ; faire preuve d'une écoute attentive des informations données; ne pas mettre en doute a priori la pertinence de ces informations; poser des questions claires et précises; apporter des réponses claires et précises; s'assurer de la compréhension de l'interlocuteur, au besoin en faisant reformuler les éléments de réponse. Elle appelle tout d'abord le Samu, qui la renvoie, comme Naomi, vers SOS Médecins.

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"Dans un communiqué commun, deux organisations de médecin urgentistes ont demandé mardi " un rendez-vous immédiat " avec la ministre de la Santé " pour trouver des solutions aux problèmes de régulation médicale afin qu'un tel drame ne se reproduise pas ". Il appelle le Samu. A 17h30, elle décède après avoir fait un infarctus.

Selon le rapport de l'autopsie réalisée le 3 janvier, Naomi Musenga est morte d'une "défaillance multiviscérale sur choc hémorragique": plusieurs organes s'étaient arrêtés de fonctionner. Il n'est pas encore établi si une prise en charge rapide du Samu aurait pu empêcher le décès.

"La famille de Naomi a commencé par remercier " la presse et les réseaux sociaux, " car l'indignation collective qui a suivie a été " comme une main tendue ". Les appels au SAMU ont, dans le même temps, plus que triplé. La ministre de la santé a lancé une enquête tandis que les urgentistes dénoncent un manque de moyens.

Sur le plan judiciaire, le parquet de Strasbourg, auquel la soeur de Naomi Musenga avait écrit fin avril, a ouvert mercredi une enquête préliminaire pour "non-assistance à personne en péril", confiée à la direction régionale de la police judiciaire (DRPJ) Grand Est. Une marche blanche devrait avoir lieu mercredi prochain à Strasbourg.

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