Published: Ven, Mai 11, 2018
International | By Marie-Louise Baume

Macron accuse implicitement Trump de vouloir "décider" pour les Européens — Nucléaire iranien

Macron accuse implicitement Trump de vouloir

Emmanuel Macron recevra d'ailleurs, jeudi 10 mai, le prix Charlemagne à Aix-la-Chapelle, une récompense pour son engagement européen. Comme chaque année, la cérémonie s'est tenue dans la salle de couronnement de l'hôtel de ville d'Aix-la-Chapelle, après la tenue d'une messe.

Le président français et la chancelière allemande sont engagés depuis des semaines dans des tractations compliquées pour tenter de se mettre d'accord sur une série de projets de refondation de l'Europe post-Brexit, en vue d'un sommet des dirigeants européens fin juin.

"N'attendons pas. Agissons maintenant! Angela Merkel, qui a prononcé le discours d'éloge d'Emmanuel Macron lors de la remise du prix qu'elle avait elle-même reçu en 2008, a loué son implication et son courage et reconnu les différences d'approches sur l'avenir de la zone euro".

Sur le dossier européen, malgré son engagement et "ses ambitions intactes", Emmanuel Macron fait face au scepticisme de "nombreux membres de l'UE, en particulier dans le nord et l'est de l'Europe", pointe l'hebdomadaire de Francfort.

Les discussions mettent les relations bilatérales à rude épreuve: elles achoppent notamment sur les propositions françaises visant à doter la zone euro d'un budget d'investissement pour doper la croissance. "Ça fait un an que je connais le président Trump".

Parviendra-t-il à convaincre Angela Merkel?

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Emmanuel Macron a en outre exhorté jeudi l'Allemagne à dépasser son " fétichisme " permanent autour des excédents budgétaires et commerciaux, dans le cadre des réformes nécessaires en Europe.

Face aux menaces américaines de taxes douanières sur l'acier et l'aluminium en Europe, Emmanuel Macron veut rester ferme mais Berlin, qui a le plus à perdre dans une guerre commerciale avec les Etats-Unis, est prêt à accepter des concessions sur. La France propose également une réforme du mécanisme européen de stabilité qui aide les pays de la zone euro en grande difficulté. Enfin, Olaf Scholz, le nouveau ministre de l'Economie allemand reste silencieux sur la taxe des Gafa.

"Beaucoup disent: 'Vous voyez, on n'arrive pas à convaincre le président Trump'", a-t-il déclaré.

De son avis, céder à la tentation du nationalisme ou à la démagogie ne saurait apporter la réponse aux problèmes que se posent les peuples européens. L'Italie n'a toujours pas de gouvernement, l'Espagne est empêtré dans l'affaire catalane et les pays de l'Est se montrent réticents aux réformes proposées par la France. Avant d'encourager ses hôtes à oser, à leur tour, jouer la carte du changement: " En Allemagne, il ne peut y avoir un fétichisme perpétuel pour les excédents budgétaires et commerciaux, car ils sont faits aux dépens des autres. "Mais, nous avons des cultures politiques et des manières d'approcher les sujets européens différentes", a-t-elle diplomatiquement commenté. "Je crois à une zone euro plus forte, plus intégrée avec un budget propre permettant les investissements et la convergence", a déclaré Emmanuel Macron".

Les deux dirigeants ont toutefois accordé leurs positions sur les turbulences que traverse le monde après le retrait américain de l'accord sur le nucléaire iranien.

"L'Europe doit prendre son destin elle-même en main" a plaidé Angela Merkel. Il a, dans ce contexte, insisté sur l'urgence pour la France, l'Allemagne et l'ensemble des Européens de travailler ensemble et sans attendre au renforcement de l'Europe.

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