Published: Jeu, Mai 10, 2018
Entreprise | By Tatiana Lecocq

Washington lance un ultimatum aux entreprises — USA vs Iran

Washington lance un ultimatum aux entreprises — USA vs Iran

L'accord signé à Vienne en juillet 2015 avec Téhéran, qui levait une partie des sanctions internationales visant la République islamique, avait ouvert aux entreprises européennes de nouvelles perspectives dans ce marché prometteur d'environ 80 millions d'habitants.

Outre les avionneurs américains Boeing et européen Airbus, le conglomérat industriel General Electric, les constructeurs automobiles allemands Volkswagen et franco-japonais Renault-Nissan pourraient être touchés par la décision des Etats-Unis de sortir de l'accord sur le nucléaire iranien, alors que les responsables américains ont insisté pour que les entreprises européennes se conforment aussi au rétablissement des sanctions.

Airbus, Siemens, Total, PSA, Fincantieri: de nombreuses multinationales se sont empressées de lancer des projets, malgré les difficultés de financement qui demeurent avec ce pays.

Les échanges de l'Union européenne avec l'Iran, qui ne représentaient que 7,7 milliards d'euros en 2015, ont quasiment triplé, pour atteindre en 2017 21 milliards d'euros.

La décision américaine contrecarre dès lors ces projets. Les livraisons " d'avions de ligne, de pièces et de services aéronautiques " à l'Iran seront interdites après une période de transition de 90 jours, a-t-il précisé.

La Maison Blanche s'appuie en effet sur le principe d'extraterritorialité des lois américaines, ce qui permet à Washington de sanctionner des entreprises étrangères travaillant avec des pays sous embargo, à partir du moment où elles commercent aussi avec les Etats-Unis ou utilisent le dollar dans leurs transactions.

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" Pour les sociétés françaises et européennes qui ont des intérêts aux Etats-Unis, il est impossible d'échapper à ce gendarme du monde", a pour sa part déclaré à l'AFP Jacques Hogard, président d'un cabinet de conseil à l'international".

De son côté, la major pétrolière française Total, associée au groupe chinois CNPC, avait signé un accord portant sur un investissement de 5 milliards de dollars pour exploiter le gisement South Pars. Son patron avait prévenu début avril qu'il demanderait une exempption aux autorités américaines.

Et de fait, les entreprises restent prudentes.

"Nous sommes en train d'analyser avec le plus grand soin les récentes annonces concernant l'Iran et nous déciderons des prochaines étapes selon nos politiques internes et dans le respect total des sanctions et des réglementations en matière de contrôle des exportations". Avec la sortie des États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien, ce contrat est bon pour la poubelle et le constructeur d'avion américain perd du coup une affaire valant 17 milliards de dollars. "Ces sanctions ont un impact sur toutes les grandes industries", a déclaré Mnuchin.

Économiquement, ces compagnies sont les premières victimes de la décision de Trump: tous ces contrats réunis donnent une valeur de 38 milliards de dollars, soit 32 milliards d'euros.

Les principaux producteurs de pétrole des pays membres et non membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), y compris la Russie, premier producteur mondial, sont liés par un accord jusqu'à la fin de l'année pour réduire la production de 1,8 million de barils par jour afin de soutenir les prix.

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